Le mantrailing (de l’anglais man, homme, et trail, pister/suivre la trace) trouve principalement ses racines modernes et sa formalisation aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Bien que l’utilisation du flair du chien pour suivre les humains remonte à des siècles, son évolution s’est structurée en plusieurs étapes clés :

  • Les origines médiévales en Europe : Dès le Moyen Âge, en Grande-Bretagne et en Europe, des chiens de chasse (ancêtres des Sleuth-hounds puis des Bloodhounds ou Chiens de Saint-Hubert) ont été progressivement entraînés à délaisser le gibier pour se concentrer exclusivement sur la trace de l’être humain.
  • L’usage policier et pénitentiaire au XIXe siècle : Au 19e siècle, la méthode s’est formalisée. Au Royaume-Uni (notamment en Écosse) et aux États-Unis, les forces de l’ordre ont commencé à utiliser ces chiens de manière systématique pour traquer les criminels, les prisonniers évadés ou retrouver les personnes égarées. Aux États-Unis, cette pratique a également une histoire sombre, ayant été intensément utilisée pour traquer les esclaves en fuite dans les colonies américaines.
  • La reconnaissance juridique au XXe siècle : Le savoir-faire s’est perfectionné aux États-Unis au point que les conclusions des chiens de mantrailing (leur capacité à discriminer une odeur unique parmi des milliers d’autres) sont devenues admissibles comme preuves devant certains tribunaux américains.
  • L’intégration aux secours mondiaux : Au cours du 20e siècle, la discipline a été adoptée par les équipes de recherche et de sauvetage (Search and Rescue) du monde entier pour localiser les personnes disparues (enfants, personnes atteintes d’Alzheimer, etc.).
  • La transition vers le loisir : Plus récemment, les experts ont constaté que cette recherche utilitaire calquait l’instinct naturel de chasse du chien de façon saine. La discipline s’est alors démocratisée pour devenir un sport canin de loisir très populaire, ouvert à toutes les races de chiens.

Aujourd’hui, qu’il soit pratiqué par la police ou comme un jeu, le principe reste identique : le chien sent une « odeur de référence » (un vêtement ou un objet touché par la personne) et remonte sa trace olfactive spécifique.